L'OPEP+ prolonge ses coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour jusqu'à fin 2026

L'alliance OPEP+ confirme la prolongation de ses réductions volontaires de production jusqu'à décembre 2026, soutenant les cours du Brent au-dessus de 82 dollars le baril malgré une demande hésitante.

Réunis en visioconférence depuis Vienne, les ministres de l'Énergie de l'OPEP+ ont entériné la prolongation des coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour jusqu'à la fin de l'année 2026. Cette décision, portée par l'Arabie saoudite et la Russie, vise à stabiliser un marché secoué par le ralentissement de la demande chinoise et l'essor de la production hors-cartel, notamment aux États-Unis et au Brésil.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a justifié cette prudence en évoquant une « visibilité réduite » sur les fondamentaux pour le second semestre 2026. Le Brent a réagi favorablement, gagnant 2,3 % à 84,10 dollars le baril sur l'ICE Futures Europe, tandis que le WTI repassait au-dessus des 80 dollars sur le NYMEX. Les analystes de Goldman Sachs estiment que sans cette prolongation, le baril aurait pu chuter sous les 70 dollars dès le troisième trimestre.

Pour TotalEnergies, dont la production amont reste fortement exposée au Moyen-Orient via ses participations aux Émirats arabes unis et en Irak, la décision conforte la rentabilité des projets offshore profonds. Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné table désormais sur un baril moyen à 78 dollars pour 2026, contre 72 dollars dans son scénario central précédent. Cette révision améliore la trajectoire de cash-flow et sécurise le programme de rachats d'actions de 2 milliards d'euros par trimestre annoncé aux marchés.

Du côté français, la facture énergétique reste sous surveillance. Le ministère de l'Économie et des Finances rappelle que chaque hausse de 10 dollars du baril alourdit la balance commerciale d'environ 4,5 milliards d'euros sur une année pleine. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) suit également l'impact sur les marges de raffinage, particulièrement pour les sites normands de Gonfreville-l'Orcher et de Donges, qui traitent majoritairement des bruts moyen-orientaux.

La dynamique interne de l'alliance reste néanmoins fragile. Les Émirats arabes unis, dont la capacité installée dépasse désormais 4,85 millions de barils par jour grâce aux investissements d'ADNOC, plaident depuis plusieurs mois pour un relèvement progressif de leur quota. Le Kazakhstan et l'Irak, régulièrement épinglés pour leurs dépassements, devront soumettre des plans de compensation détaillés d'ici le 30 juin. Le secrétaire général de l'OPEP, Haitham Al-Ghais, a réaffirmé que la « cohésion du groupe demeure la priorité absolue ».

Pour les consommateurs français, l'impact à la pompe devrait rester contenu grâce à l'euro fort face au dollar, qui s'échange autour de 1,09. Le prix moyen du gazole stagne à 1,68 euro le litre selon les dernières données de l'Union française des industries pétrolières (UFIP). Reste à surveiller la trajectoire de la demande mondiale, que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime désormais à 103,8 millions de barils par jour pour 2026, en hausse modérée de 1,1 million sur un an.

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