L'OPEP+ prolonge ses coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour jusqu'à la fin de 2026

L'alliance OPEP+ maintient ses réductions volontaires de production jusqu'à la fin de 2026, une décision qui rejaillit sur les sables bitumineux albertains et le brut canadien.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, regroupés sous la bannière de l'OPEP+, ont confirmé à Vienne la prolongation de leurs coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour (Mb/j) jusqu'au 31 décembre 2026. La décision, pilotée par Riyad et Moscou, vise à soutenir un prix du Brent autour de 82 $ US le baril dans un contexte de demande mondiale plus incertaine qu'anticipé.

Pour le Canada, et plus particulièrement pour l'Alberta, cette annonce a un effet d'aubaine. Le Western Canadian Select (WCS) se négocie présentement avec un escompte d'environ 13 $ US par rapport au West Texas Intermediate (WTI), contre près de 19 $ US il y a un an. La mise en service complète du pipeline Trans Mountain élargi (TMX) a contribué à resserrer ce différentiel, et la fermeté des cours soutenue par l'OPEP+ amplifie ce gain pour les producteurs québécois et canadiens.

Suncor Énergie, dont le siège social est à Calgary, a indiqué dans sa dernière mise à jour trimestrielle que chaque hausse de 5 $ US du baril ajoute environ 1,4 G$ CA à ses flux de trésorerie disponibles annualisés. Cenovus Energy, pour sa part, prévoit maintenant des dépenses d'investissement de 4,8 G$ CA en 2026, en partie pour accroître la production de son projet Foster Creek et pour optimiser sa raffinerie de Lloydminster. Imperial Oil, filiale d'ExxonMobil, profite également de marges nettes améliorées à Kearl.

Au Québec, l'impact se mesure davantage à la pompe et dans la balance commerciale interprovinciale. La raffinerie Jean-Gaulin de Valero à Lévis et celle de Suncor à Montréal-Est traitent un mélange de brut nord-américain et étranger, et la stabilité des prix devrait limiter la volatilité observée aux pompes de Saint-Hyacinthe, Sherbrooke et Saguenay. Selon la Régie de l'énergie du Québec, le prix moyen à la rampe de chargement se situait à 1,58 $ CA le litre la semaine dernière.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, a justifié la décision en évoquant les « incertitudes structurelles » liées au ralentissement chinois et à la croissance moins rapide qu'anticipée de la demande de carburant pour véhicules légers. Les Émirats arabes unis, qui réclamaient depuis des mois une révision à la hausse de leur quota, ont obtenu une augmentation graduelle de 300 000 b/j à compter d'avril 2026, ce qui a apaisé les tensions internes au cartel.

Pour Ottawa, qui mise sur les redevances pétrolières pour équilibrer ses comptes avec l'Alberta, le scénario est favorable à court terme. Cependant, les analystes de la Banque Nationale rappellent que la dépendance à l'OPEP+ pour fixer les cours souligne la nécessité d'accélérer les investissements en captage et stockage du carbone (CSC) de la Pathways Alliance, dont les sept projets prévoient un coût total de 16,5 G$ CA d'ici 2030. Sans cette décarbonation, le brut lourd albertain risque de perdre sa compétitivité auprès des acheteurs asiatiques et californiens.

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