Pré-sal brésilien : Petrobras franchit le cap des 2,5 millions de barils par jour issus des champs sub-salifères
Petrobras annonce un record historique avec 2,52 millions de barils par jour extraits des champs pré-sal, consolidant le Brésil comme acteur incontournable du marché atlantique, aux côtés de TotalEnergies.
La compagnie brésilienne Petrobras a annoncé un jalon majeur depuis son siège de Rio de Janeiro : la production cumulée issue des champs pré-sal a atteint 2,52 millions de barils par jour au cours du dernier trimestre, un niveau jamais observé depuis le début de l'exploitation commerciale en 2008. Ce volume représente désormais 79 % de la production totale de l'entreprise et confirme la trajectoire ascendante du géant brésilien.
Le champ géant de Búzios, dans le bassin de Santos, demeure le moteur principal avec 920 000 barils par jour, suivi de Tupi (790 000 barils) et Mero (310 000 barils). L'arrivée des plateformes flottantes FPSO Almirante Tamandaré et Marechal Duque de Caxias, chacune disposant d'une capacité de 225 000 barils par jour, a permis ce bond opérationnel. Petrobras vise désormais 3,3 millions de barils par jour à l'horizon 2029.
TotalEnergies occupe une place stratégique dans cette dynamique. Le groupe français détient 22,5 % du consortium de Mero, aux côtés de Petrobras (38,6 %), de Shell et des chinois CNPC et CNOOC. La production de Mero devrait dépasser 600 000 barils par jour en 2027 avec la mise en service des FPSO Marechal Duque de Caxias et Alexandre de Gusmão. Pour TotalEnergies, le Brésil représente désormais la deuxième source de production amont, derrière les Émirats arabes unis, contribuant à hauteur de 320 000 barils équivalent pétrole par jour à sa production consolidée.
L'angle économique est également notable. Le real brésilien, autour de 5,15 pour un dollar, soutient la compétitivité des coûts opérationnels. Petrobras affiche un coût de production amont de seulement 5,80 dollars le baril sur le pré-sal, soit l'un des plus bas au monde. À titre de comparaison, les coûts moyens du schiste américain oscillent entre 38 et 45 dollars le baril en seuil de rentabilité. Cette efficience structurelle protège la rentabilité brésilienne même en cas de repli marqué des cours mondiaux.
Sur le plan environnemental, le pré-sal présente une intensité carbone moyenne de 11 kilogrammes de CO2 par baril produit, bien inférieure à la moyenne mondiale de 19 kilogrammes. Petrobras investit 1,5 milliard de dollars d'ici 2028 pour réduire encore ce ratio via la réinjection de CO2 dans les réservoirs. Cet argument séduit les raffineurs européens soumis au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) progressivement appliqué par Bruxelles à partir de 2026.
Pour les ports français, les flux brésiliens prennent de l'importance. La raffinerie ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon et le site TotalEnergies de Donges reçoivent désormais des cargaisons régulières de brut Búzios et Tupi. Ces bruts moyens-légers, à 28-30 degrés API et faible teneur en soufre, conviennent particulièrement bien aux configurations de raffinage hexagonales. Le Brésil pourrait ainsi représenter jusqu'à 12 % des approvisionnements pétroliers de la France en 2027, selon les projections du Comité professionnel du pétrole.